Svante Arrhenius
(1859-1927) est un chimiste suédois très connu pour ses travaux en
électrochimie pour lesquels il a obtenu le prix Nobel en 1903. Mais depuis la
fin du xxe siècle et la prise de conscience du
réchauffement climatique planétaire, son nom est réapparu sur le devant de la
scène médiatique comme l'un des précurseurs de la théorie de l'effet de serre.
En effet, dans son article Sur
l'influence de l'acide carbonique dans l'air sur la température de la Terre
(1896), Arrhenius montre, en s'appuyant notamment sur les travaux
de son collègue Gustaf Högbom (1857-1940), qu'un doublement du taux d'acide
carbonique (ancienne appellation du dioxyde de carbone, CO2) dans
l'atmosphère entraînerait une élévation de la température moyenne de la planète de
l'ordre de 5 °C. Ce résultat fondamental, qui correspond à la fourchette
haute de ceux obtenus par les scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental
pour l'évolution du climat (GIEC), marque ainsi un jalon important dans
l'étude du changement climatique actuel. Il est, toutefois, intéressant de
noter que dans son article, Arrhenius ne dit pas que les activités humaines
pourraient être à l'origine d'un tel doublement de la concentration de dioxyde
de carbone dans l'atmosphère. Il estimera d'ailleurs un peu plus tard, comme la
plupart de ses contemporains, qu'une augmentation du taux de dioxyde de carbone
dans l'atmosphère serait une opportunité pour l'humanité car cette augmentation
pourrait contrebalancer la prochaine période glaciaire.